Trois types de reporting RSE en France

Dans les grandes lignes, on distingue en France trois catégories d’entreprises qui produisent un rapport RSE, et donc trois types de publication.

De la DPEF au rapport de durabilité

Depuis la transposition en droit français, en 2017, de la Non-Financial Reporting Directive (NFRD), le reporting des grandes entreprises s’est structuré autour de la Déclaration de performance extra-financière (DPEF). L’obligation vise les entreprises de plus de 500 salariés qui dépassent certains seuils financiers : 40 millions d’euros de chiffre d’affaires (ou 20 millions d’euros de total de bilan) pour les entreprises cotées, 100 millions d’euros pour les entreprises non cotées.

Publiée chaque année et accessible sur le site internet de l’entreprise pendant cinq ans, la DPEF rend compte des performances sociales, environnementales et sociétales à travers trois grandes parties :

  • Le modèle d’affaires, qui présente la création de valeur proposée par l’entreprise et son impact dans l’économie (valeur, gouvernance, ressources, stratégies et perspectives) ;
  • L’analyse des risques, structurée autour de quatre grands axes : environnement, social, corruption et droits de l’homme ;
  • Les politiques mises en œuvre, qui décrivent les objectifs fixés pour répondre à ces risques, ainsi que les indicateurs et facteurs clés de succès associés.

Ce cadre cède progressivement la place au rapport de durabilité, issu de la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD) adoptée en décembre 2022. Plus exigeant, ce rapport repose sur des normes européennes communes (ESRS), un principe de double matérialité et une vérification par un tiers. Les premières entreprises concernées ont publié leur rapport en 2025, sur l’exercice 2024.

L’année 2025 a ensuite marqué un tournant vers la simplification. Avec la directive européenne « Stop the clock », relayée en France par la loi DDADUE du 30 avril 2025, les grandes entreprises de la deuxième vague, cotées ou non, publieront leur premier rapport en 2028, sur les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2027, comme le détaille Lefebvre Dalloz. Le périmètre de la directive a lui aussi été revu. Selon CMS Francis Lefebvre, l’accord provisoire conclu le 9 décembre 2025 entre le Conseil et le Parlement européen réserve la CSRD aux entreprises d’au moins 1 000 salariés réalisant plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net, et en exclut les PME cotées.

Les rapports de mission

Adoptée en 2019, la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) vise à stimuler l’activité des entreprises en simplifiant un certain nombre de processus. Elle introduit notamment un nouvel article 1833 du Code civil, selon lequel l’objet social de l’entreprise dépasse la seule recherche du profit : « la société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ».

Peu contraignante en pratique, cette ambition peut néanmoins être formalisée. C’est l’une des avancées majeures de la loi. Les entreprises qui le souhaitent peuvent inscrire dans leurs statuts une « raison d’être » qui complète leur stratégie et leur vision. Elles peuvent aussi opter pour la qualité de « société à mission », synonyme d’engagements à la fois opposables et vérifiables. Ces entreprises doivent notamment publier chaque année un rapport de mission. Il s’agit généralement d’un document synthétique, à la structure relativement libre, qui précise la manière dont l’entreprise répond aux objectifs qu’elle s’est fixés.

Le modèle séduit un nombre croissant d’entreprises. D’après le baromètre de l’Observatoire des sociétés à mission relayé par Carenews, on en comptait 1 961 fin 2024, contre 1 585 un an auparavant, soit une hausse de 24 %. Elles rassemblent plus d’un million de salariés.

Les autres reporting RSE

Cette troisième catégorie regroupe les entreprises de toutes tailles qui, sans obligation légale, choisissent de formaliser leur vision, leurs objectifs et leur état d’avancement sur les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance. Sous l’impulsion de leurs investisseurs, de leurs clients (BtoB comme BtoC), de leurs collaborateurs et des talents qu’elles cherchent à attirer, de plus en plus d’ETI et de PME franchissent cette étape clé de leur démarche RSE. Le relèvement des seuils de la CSRD pourrait d’ailleurs élargir cette catégorie, en y faisant entrer des entreprises sorties du champ réglementaire mais toujours attendues sur ces sujets par leurs parties prenantes.

Le reporting RSE, un outil de création de valeur

Au-delà des obligations légales, le reporting RSE gagne à être pensé bien au-delà d’un document annuel. Pour être porteur de sens, il doit être envisagé comme une opportunité de création de valeur. C’est un moyen stratégique de diffuser de l’information sur l’entreprise et de nourrir, tout au long de l’année, le dialogue avec l’ensemble de son écosystème : équipes, actionnaires, investisseurs, clients, journalistes, etc.

Pour maximiser leurs chances de réussite et favoriser un impact social et environnemental positif, les objectifs doivent être spécifiques, mesurables, réalistes et définis dans le temps. Les grandes thématiques d’innovation s’inscrivent quant à elles dans une réflexion de long terme, qui assoit l’expertise de l’entreprise dans son domaine.

Faire preuve de transparence et fixer un cap

Le reporting RSE vise moins à compiler des bonnes nouvelles qu’à rendre compte d’une trajectoire. Le maître-mot est la transparence : l’entreprise partage ses succès comme ses doutes et ses axes d’amélioration. En matière de reporting, les meilleurs élèves se distinguent par une communication honnête et contextualisée.

Plutôt que d’embellir ses chiffres, l’entreprise a tout intérêt à utiliser le reporting pour identifier ses faiblesses et anticiper les risques à venir. Cette démarche d’anticipation ouvre le dialogue et favorise l’adhésion de l’ensemble de sa communauté et de ses représentants. Un engagement sociétal réussi passe aussi par la mobilisation de tous les collaborateurs. Du salarié à l’investisseur, c’est toute l’entreprise qui avance.

Renforcer sa performance et sa résilience

L’engagement environnemental et social est désormais intégré par les acteurs financiers, qui en font un critère de plus en plus structurant dans leurs choix stratégiques et d’investissement. Pour l’entreprise, un reporting solide est un moyen de démontrer sa capacité à anticiper les risques, à piloter sa transformation et à renforcer sa résilience.

Se différencier et renforcer sa réputation

Les entreprises exemplaires en matière de RSE bénéficient d’une solide réputation et d’une forte visibilité médiatique, car journalistes et leaders d’opinion suivent de près ces sujets. Le reporting est aussi un atout pour attirer de nouveaux collaborateurs, en particulier les jeunes diplômés, très attentifs au sens de leur travail. Il permet enfin de faire rayonner les innovations de l’entreprise.

The Editorialist accompagne les entreprises dans la conception et la rédaction de leurs contenus RSE, en conjuguant expertise ESG, connaissance sectorielle et exigence journalistique. Rapport de durabilité, rapport de mission ou reporting volontaire : chaque publication est l’occasion de donner à voir la vision, le chemin parcouru et les indicateurs sur lesquels avance l’entreprise.

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Maia Andzouana
Rédigé par Maia Andzouana
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En master Manager de la communication à SUP’DE COM, Maia participe à la production et à la diffusion des contenus de The Editorialist. Elle intervient notamment sur les réseaux sociaux, les newsletters et la valorisation des projets de The Editorialist.