La visibilité RP repose aujourd’hui sur une combinaison de leviers qui dépassent largement la seule relation avec les médias. Les entreprises prennent la parole sur leurs propres canaux, collaborent avec des créateurs de contenu, développent des formats éditoriaux récurrents et cherchent à travaillent leur présence dans les résultats des moteurs de recherche y compris dans les outils d’IA générative.

Elle se construit autour de quatre étapes complémentaires : créer, valider, amplifier et étendre.

CRÉER : produire des contenus utiles à son écosystème

La première étape consiste à produire des contenus capables d’alimenter les conversations de son secteur.

Les journalistes, analystes, créateurs de contenu ou décideurs recherchent avant tout des informations qu’ils ne trouvent pas ailleurs : données exclusives, études propriétaires, retours d’expérience, analyses de marché ou expertise métier.

Selon le rapport State of B2B Thought Leadership 2026 de TopRank Marketing, 67 % des marketeurs considèrent la recherche propriétaire comme le format le plus efficace

 

pour renforcer la crédibilité d’une organisation.

Les prises de parole des dirigeants s’inscrivent dans la même logique : d’après les études menées par Edelman et LinkedIn, 95 % des décideurs déclarent que le thought leadership influence leurs choix professionnels et 67 % des acheteurs B2B recherchent des informations sur les dirigeants avant un premier échange.

Certaines expertes ont fait de LinkedIn un véritable canal de prise de parole. C’est notamment le cas d’Ariane Thomas, Global Tech Director of Sustainability & Trustworthy AI lead chez L’Oréal. Ses publications LinkedIn sur l’IA, la transformation des organisations ou la place des femmes dans la tech génèrent un fort niveau d’engagement et font d’elle un vecteur de visibilité pour son employeur

Concrètement, un dirigeant qui partage régulièrement son analyse des évolutions de son marché crée davantage d’opportunités de prise de parole qu’une entreprise qui communique uniquement lors d’annonces institutionnelles.

Le développement des formats audio participe également à cette dynamique. Podcasts d’experts, interviews ou séries thématiques permettent d’aborder des sujets complexes dans un format plus conversationnel. Selon Infoprodigital média 90 % déclarent consacrer au moins une heure par semaine à la consultation de « contenus professionnels ».

VALIDER : obtenir la reconnaissance de tiers

Une fois les contenus produits, l’enjeu consiste à les faire reconnaître par des acteurs extérieurs à l’entreprise.

La couverture presse conserve un rôle central : elle apporte un regard externe et renforce la crédibilité d’un sujet auprès des parties prenantes.

Les attentes des journalistes ont évolué. Selon l’étude State of the Media 2025 de Cision et AMWgroup 86 % d’entre eux écartent les sollicitations qui ne correspondent pas à leur ligne éditoriale et 91 % accordent davantage d’attention aux pitchs qui s’appuient sur des données ou des recherches originales.

La personnalisation n’est plus une option. Un bon pitch en 2026, c’est un angle précis lié à un sujet de couverture identifié, une donnée exclusive que le journaliste n’a pas.

C’est dans cette logique que s’inscrit le newsjacking : apporter un éclairage, une donnée ou une analyse à partir d’un sujet d’actualité déjà présent dans le débat public.

Par exemple, une entreprise spécialisée dans la cybersécurité peut réagir à une attaque informatique majeure en partageant des données issues de son observatoire ou de ses clients. Il ne s’agit pas de commenter l’actualité, mais d’y apporter un élément complémentaire.

AMPLIFIER : faire circuler le message

La couverture médiatique est une étape plutôt qu’un point d’arrivée. L’enjeu consiste ensuite à faire circuler l’information auprès des audiences les plus pertinentes.

L’influence occupe désormais une place croissante dans cette phase. Selon le B2B Influencer Marketing Report 2025 de TopRank Marketing, 85 % des marketeurs B2B américains intègrent aujourd’hui des dispositifs d’influence dans leurs stratégies.

Les micro-influenceurs et experts sectoriels attirent particulièrement l’attention : leur communauté est plus restreinte mais plus spécialisée, ce qui favorise les interactions sur des sujets métiers ou techniques.

En B2C, Instagram et TikTok restent les principales plateformes d’activation. En B2B, LinkedIn poursuit sa progression et s’impose comme l’espace de diffusion privilégié des prises de parole d’experts, des études sectorielles et des analyses de marché.

Les dispositifs paid complètent cette diffusion en amplifiant des contenus qui ont déjà prouvé leur intérêt auprès d’une audience organique.

Les relations presse jouent également un rôle croissant dans les environnements de recherche générative et c’est probablement le changement le plus structurant de ces deux dernières années.

Le GEO élargit le périmètre des RP au-delà de la visibilité auprès des audiences humaines. Quand ChatGPT, Gemini ou Perplexity génèrent une réponse sur un sujet donné, ils s’appuient sur des contenus cités par des médias reconnus, des publications de référence ou des experts identifiés. Une entreprise citée dans Les Échos, Le Monde ou un rapport sectoriel de référence a plus de chances d’apparaître dans ces réponses qu’une entreprise qui ne publie que sur ses propres canaux.

Le Reuters Institute observe d’ailleurs une part croissante des accès à l’information via ces moteurs de réponse, au détriment du trafic direct vers les médias.

ÉTENDRE : inscrire la visibilité dans la durée

La dernière étape consiste à prolonger la durée de vie des contenus.

Une étude, un article ou une interview peuvent être déclinés sous différents formats : publication LinkedIn, newsletter, vidéo courte, carrousel, podcast ou prise de parole lors d’un événement. Ce n’est pas produire davantage, c’est faire circuler une même expertise auprès de plusieurs audiences et sur plusieurs canaux.

C’est le cas de CEVA Logistics, qui applique cette logique de façon cohérente : articles d’expertise, contenus LinkedIn, formats vidéo et podcasts autour de sujets comme la supply chain, la logistique durable ou les transformations du secteur.

 

 

Les collaborateurs jouent également un rôle croissant dans cette diffusion. Selon Sociabble, les contenus partagés par les employés génèrent 8 fois plus d’engagement que les contenus publiés uniquement par les comptes institutionnels.

L’employee advocacy s’inscrit ainsi dans la continuité des stratégies RP : les collaborateurs deviennent des relais supplémentaires pour les contenus produits par l’entreprise.

Cette approche répond aussi à une réalité mesurée par Brandwatch : les marques sont à l’origine d’une part très limitée des conversations qui concernent leur propre nom en ligne.

Ce qu’il faut retenir

Les entreprises qui gagnent en visibilité RP en 2026 ne publient pas plus. Elles publient mieux, et elles gèrent activement la diffusion de ce qu’elles publient.

Cela repose sur des actions concrètes :

  • Produire des contenus fondés sur leur expertise
  • Développer des prises de parole régulières
  • Obtenir des relais auprès des médias et des tiers de confiance
  • S’appuyer sur l’influence pour élargir l’audience
  • Prolonger la durée de vie de leurs contenus à travers différents formats

Les relations publics ne se limitent plus à la couverture médiatique. Elles participent à la construction d’un écosystème de visibilité où contenus, médias, créateurs et collaborateurs contribuent à faire circuler l’information dans la durée.

Chez The Editorialist, nous accompagnons les entreprises dans la construction de dispositifs qui articulent production éditoriale, diffusion et amplification des contenus.

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Maia Andzouana
Rédigé par Maia Andzouana
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En master Manager de la communication à SUP’DE COM, Maia participe à la production et à la diffusion des contenus de The Editorialist. Elle intervient notamment sur les réseaux sociaux, les newsletters et la valorisation des projets de The Editorialist.