Reporting RSE : zoom sur un levier stratégique

Industrie, luxe, finance, tech, immobilier… Plus aucun secteur ne fait exception. Dans tous les domaines économiques, des entreprises entament leur transformation vers un modèle plus vertueux, en phase avec les attentes sociétales comme avec des contraintes normatives plus exigeantes. Convaincu que l’information sur les données extra-financières fait partie intégrante de ce processus, The Editorialist souhaite prendre une part active à ce basculement historique. Retour ici sur un document/outil incontournable pour toute organisation qui devient suffisamment mature sur les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance : le rapport RSE.

➜ La Reco The Editorialist

C’est la transformation majeure des dix prochaines années. Industrie, luxe, tech, retail, services… les acteurs de tous secteurs font une place croissante aux problématiques RSE. Comment valoriser ce (re)positionnement stratégique à travers des contenus de qualité ? Voici un aperçu des convictions que les équipes The Editorialist se sont forgées sur le sujet :

Le fond : transverses, complexes, mouvantes, les thématiques RSE impliquent la mobilisation d’une connaissance avancée des enjeux ESG eux-mêmes (référentiels, normes, KPIs, etc.) comme du secteur concerné. Deux expertises notamment décisives pour éviter un traitement trop superficiel, biaisé, de l’information propre au greenwashing. Pour accompagner les transformations RSE de tous secteurs, The Editorialist a donc fait le choix de s’organiser en pôles sectoriels : chaque contenu bénéficie de l’expertise du responsable éditorial dédié. A chaque étape clé du projet, ceux-ci avancent main dans la main avec une équipe rompue aux enjeux spécifiques de l’ESG, et du reporting en particulier.

Le style : un traitement journalistique, clair, synthétique et contextualisé, qui donnera à voir la vision, le chemin et les indicateurs sur lesquels avance l’entreprise.

La forme : digital et/ou print, le format devra être en phase avec les meilleures pratiques – pensées pour toucher les principales parties prenantes de l’entreprise (partenaires, investisseurs, consommateurs, collaborateurs, talents, etc.). Avec une priorité : faciliter la lecture et l’appropriation des messages clés.

La diffusion : les contenus dédiés doivent faire vivre et matérialiser les engagements auprès de l’audience de l’entreprise, sur tous ses canaux (reporting, plateforme web dédiée, newsletter, réseaux sociaux), et ce, tout au long de l’année.

Grandes entreprises, sociétés à mission… et les autres

Dans les grandes lignes, on peut distinguer en France trois catégories d’entreprises qui produisent un rapport RSE. Et donc trois types de publication.

Les Déclarations de Performance Extra-Financière (DPEF)

Depuis la transposition en droit français en 2017 de la Non-Financial Reporting Directive (NFRD), le reporting s’est formalisé autour de la mise en place de la DPEF (Déclaration de Performance Extra-Financière). On estime aujourd’hui que moins de 4000 entreprises sont concernées. L’obligation concerne dans les faits les grandes entreprises, sous certaines conditions liées aux résultats et aux effectifs : un chiffre d’affaires supérieur à 40 millions d’euros et 500 salariés pour les sociétés cotées en bourse, et un chiffre d’affaires supérieur 100 millions d’euros et 500 salariés pour les sociétés non cotées.

Rendant compte des performances de l’entreprise sur les axes sociaux, environnementaux et sociétaux, la DPEF doit être publiée chaque année et accessible directement sur le site internet de l’entreprise pendant cinq ans. L’ensemble des informations doit être traité à travers trois grandes parties :

  • Le modèle d’affaires, qui présente la création de valeur proposée par l’entreprise et son impact dans l’économie (valeur, gouvernance, ressources, stratégies et perspectives) ;
  • L’analyse des risques, pour préciser ces derniers suivants quatre grands axes : environnement, social, corruption et droits de l’homme ;
  • L’axe « politique », avec la nécessité pour les entreprises de décrire leurs objectifs afin de répondre aux risques en cours et partager leurs différents indicateurs et facteurs clés de succès.

Point important : le contenu des rapports eux-mêmes comme le nombre d’entreprises concernées va connaître d’ici à 2024 une évolution notable, avec l’entrée en vigueur attendue de la nouvelle directive européenne consacrée au sujet, la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD).

Les rapports de mission

En date de 2019, la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) se fixe pour ambition de stimuler l’activité des entreprises en simplifiant un certain nombre de processus. Parmi les éléments notables, un nouvel article 1833 du Code civil qui stipule que l’objet social de l’entreprise ne se limite plus à la recherche du seul profit, mais que « la société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ».

Peu contraignante en pratique, cette nouvelle ambition peut néanmoins être formalisée. C’est là l’une des avancées majeures de la loi : donner la possibilité aux structures qui le souhaitent de préciser dans leurs statuts une « raison d’être » venant compléter leur stratégie et leur vision, voire d’opter pour le statut de « société à mission », synonyme de prise d’engagements à la fois opposables et vérifiables. Parmi les obligations faites à ces organisations : la nécessité de publier chaque année un rapport de mission – généralement un document synthétique, à la structure relativement libre, qui doit préciser la manière dont l’entreprise répond aux objectifs qu’elle s’est fixés.

Le nombre d’entreprises faisant ce choix est actuellement en forte croissance. En septembre 2022, France Stratégie en comptabilisait plus de 700*. 

Les (autres) reporting RSE

Il est ici question des entreprises, de toutes tailles, que la loi n’oblige pas à produire un DPEF ni un rapport de mission, mais qui font le choix de formaliser leur vision, objectifs et état d’avancement sur les sujets environnementaux, sociaux et de gouvernance. Poussés par leurs investisseurs, leurs clients (BtoB comme BtoC), mais aussi par leurs collaborateurs et la quête de nouveaux talents, de plus en plus d’ETI et PME franchissent cette étape clé de leur démarche RSE.

Reporting RSE, un outil précieux  

Au-delà des seules obligations légales, le reporting RSE ne saurait se limiter à la seule production d’un document annuel. Pour être porteur de sens, il doit être envisagé et traité comme une opportunité de création de valeur. C’est un moyen stratégique pour diffuser de l’information sur l’entreprise et informer l’ensemble de son écosystème tout au long de l’année (équipes, actionnaires, investisseurs, clients, journalistes, etc.).

Pour maximiser leurs chances de réussite et favoriser un impact social et environnemental positif, chaque objectif se doit notamment d’être spécifique, mesurable, réaliste et défini dans le temps. Les grandes thématiques d’innovation doivent s’inscrire dans une réflexion à long terme qui assoit l’expertise de l’entreprise dans son domaine.

Faire preuve de transparence et fixer un cap

Le reporting RSE n’a pas vocation à offrir une vision positive faite d’une compilation de bonnes nouvelles. Le maître-mot est celui de transparence : l’entreprise doit partager ses succès, comme ses doutes et ses axes d’amélioration. Autrement dit, en matière de reporting, les meilleures élèves se démarquent par une communication honnête et contextualisée.

Pas question de doper ses chiffres ou ses actions : le reporting aide aussi l’entreprise à identifier ses faiblesses et prévient des risques à venir, en pointant les axes d’amélioration. Pour la structure, cette vision d’anticipation donne la possibilité d’amorcer un dialogue et d’assurer l’adhésion de la part de l’ensemble de sa communauté et de ses représentants. De même, ne pas oublier qu’un engagement sociétal réussi passe par la mobilisation de l’ensemble de ses collaborateurs. Du salarié à l’investisseur, c’est toute l’entreprise qui avance !

Accroître sa performance et sa productivité

De nombreuses études** établissent une corrélation directe entre performances économiques, résilience et engagement RSE. Cette influence positive de l’engagement environnemental et social sur la valeur de l’entreprise est déjà intégrée depuis plusieurs années par les acteurs financiers : le critère ne cesse de prendre l’importance à l’heure d’opérer des choix stratégiques.

Se différencier et renforcer son image de marque

Les entreprises modèles en matière de RSE bénéficient d’une solide réputation et d’une mise en lumière importante dans les médias. Les journalistes et leaders d’opinion sont à l’affût des nouvelles tendances. C’est aussi l’un des meilleurs moyens d’attirer de nouveaux collaborateurs – la quête de sens est une priorité pour les jeunes diplômés*** – tout en faisant rayonner ses innovations.


* Source : Comité de suivi et d’évaluation de la loi PACTE – Troisième rapport
** Source : https://go.sustainablebrands.com/resources-report-22-research-studies-proving-the-roi-of-sustainability
*** Source : Sondage L’Etudiant, réalisé en partenariat avec Harris Interactive et Epoka

Publié le 21 octobre 2022 par Team Edito

Nos experts éditoriaux analysent pour vous les grandes tendances du marché des contenus.

Inscrivez-vous pour recevoir en avant-première nos prochaines notes de recherche.